ACTUALITÉ


Inauguration du CRAC

PERFORMANCE

Surprenante haie d’honneur à laquelle participaient trois de nos étudiantes. Cette performance originale et pour le moins “accueillante” leur a permis de distribuer insultes et mots doux à un ministre, un député, un maire et bien d’autres responsables. Quel aplomb !

 

Article de l’Est Républicain

Montbéliard : je t'aime, horrible charogne !

Haie d’honneur d’insultes et de mots doux pour l’inauguration des nouveaux habits du CRAC.

Sous couvert de performance artistique, y en a qui se font plaisir. C’est sûr. Pas tous les jours en effet qu’on peut se permettre de susurrer à l’oreille du maire (Jacques Hélias) qu’il est une « couille molle ». Ni de balancer, avec un grand sourire, un vigoureux « Charogne, va ! » au ministre de l’Économie (Pierre Moscovici). Ni, enfin, de traiter de « bouffon » le très distingué député de la 3e circonscription (Marcel Bonnot). La vérité nous oblige cependant à dire que, comme les autres (très nombreux) participants à l’inauguration de la nouvelle façade du 19, ce vendredi soir, les représentants de la nation ont eu, en contrepartie, leur ration de mots doux : « Mon lapinou », « Mon frisson », « Mon cadeau de Noël », « Mon lion »…

Excellente idée que cette performance pour ouvrir les festivités. Elle ne doit rien au hasard puis l’animation, baptisée « Putain, je t’aime ! », est née dans le cerveau fécond de Lisa Sartorio, une des artistes de l’exposition « Mauvais genre » (ci-dessous). La plasticienne a déjà réalisé deux fois l’expérience au palais de Tokyo au théâtre de Chaillot, à Paris, avec Arte. Avec succès.

À Montbéliard, les comédiens qui forment la haie injurieuse/doucereuse dans laquelle se déplacent les spectateurs viennent de l’école de théâtre d’Hervée de Lafond et d’élèves du lycée Viette. Armés chacun d’un parapluie, ses crieurs professionnels prennent leur rôle très au sérieux. Même malmené par les mots, le public, lui, rigole et en redemande. Et finalement, ce sont pas les grossièretés les plus amusantes, mais bien les mots tendres balancés à contre-emploi. Comme ce délicieux « Ma jument sauvage » à une sage vieille dame toute étonnée !

S.D.